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parrain tés textes sont toujours aussi beaux. je t'aime énormément et christiane aussi. a très vite au télépho
Par Anonyme, le 18.01.2023
courant littéraire
Par Anonyme, le 02.01.2020
merci beaucoup
Par Anonyme, le 08.10.2016
bonjour
pour acheter "découper l'univers", soit vous contactez l'éditeur, gros textes (voir le blog du même n
Par MALTAVERNE Patrice, le 08.10.2016
bonjour comment et où acheter ce livre? merci pour cette decouverte
:)
Par Anonyme, le 08.10.2016
· "Un jour on a jamais rien vu", de Simon Allonneau
· "Poésie portable", de Christophe Siebert
· "SNIF poème de single ladies", de Daphné Cheyenne
· "Découper l'univers", de Christophe Siebert
· "Les derniers seront les derniers" de Thomas Vinau
· "Nuages", de Boris Wolowiec
· Revue L'Assaut
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· Revue Paysages écrits
· Revue Travers n°58
· Revue Mauvaise graine n°70
· "Passant l'été", de Jean-Baptiste Pédini
· "Un poème nous sépare", de Louis Savary
· "Liquidation des stocks avant fermeture" de Jean L'Anselme
· "Les chants sans voix", de Fabrice Farre
· abmonai
Date de création : 20.06.2012
Dernière mise à jour :
24.02.2016
198 articles
"Le derrière du ciel" n'échappera pas à la règle selon laquelle j'aime toujours autant les poèmes d'Etienne Paulin. Mais pour ne pas trop me répéter, pour éviter du moins certaines redites, parce que les caractéristiques varient aussi d'un recueil à un autre, je vais cette fois-ci me concentrer sur le sens aigu de l'observation dont fait preuve l'auteur.
Dans ce monde qui serait divisé en autant d'intuitions que d'objets, entre les blancs nombreux, entre ces éblouissements du soleil en plein été, qui séparent les strophes de "Le derrière du ciel", il est possible d'imaginer plein d'autres histoires. Comme si Etienne Paulin ne nous racontait que les bribes d'une aventure. Les objets décrits, leur position dans l'espace, semblent servir de paravents à une intimité qui se déroberait.
Dans ce livre, on peut dire que l'absence est toujours là, et c'est bien ce qui me le fait lire, afin d'en rechercher le secret.
Si vous souhaitez vous familiariser avec cette riche poésie (d'images et de termes employés), je vous conseille en priorité la lecture de "Le derrière du ciel", car ce recueil se lit plus facilement que certains des précédents du même auteur que j'ai chroniqués, ce qui n'enlève rien à leurs qualités respectives.
Un poème pour exemple :
"chantons les clichés encore du rimmel
des énormes bagues
et de vastes franges
pommeau de l'arrosoir au pied des sycomores
l'auto dont les pneus fondent entre les noistiers
visage noir et blanc de la diva colorature
- parfois le cadre est rond il n'y a plus
qu'à transporter le monument
jusqu'aux pompes funèbres
goutte contre la vitre frémit sinue
quelque chose d'elle continue
voix blanche tremble et ne vibre plus
tenant le dernier lustre dernière
écaille de la note".
Je précise que la vignette de couverture est d'Isabelle Clément.
Pour en savoir plus sur "Le derrière du ciel", vendu au prix de 10 €, vous pouvez aller faire un tour sur le site des éditions Henry : http://www.editionshenry.com
Les poèmes de "Contours du piège", découpés en de nombreuses strophes, comme en de nombreux vers raccourcis, promènent, voire, dispersent leur ennui à travers une succession d'objets plus ou moins improbables ou de sons entendus dans la vaste symphonie du dehors.
D'ailleurs, il est difficile de ne pas dénicher une dose de nihilisme, même tamisé, dans ce livre, comme en témoignent rien que les titres suivants : "Rien vivre", "A tout prendre", "Infirme", "Peu", "ça et là".
Mais moi j'aime beaucoup ça, d'autant plus qu'il n'y a pas un poème où ne fleurit pas une formule pleine de force, sertie dans le silence alentour, par exemple : "Ciel de poussière et géante entourloupe", "les beaux dimanches meurent de faim", "que tu ailles te consumer seul", "le chant crée l'illusion : heureusement qu'on ment", "tout le kitsch en friche".
Bref, de la poésie qui rappelle que la réalité est plus poétique que la poésie. Lorsque l'épure n'est pas censure et que l'auteur a le goût des mots rares...
Ci-dessous, le premier poème de la série des "Dimanches" :
"engelures
charmille
défunts
lenteur
façons de hameaux gris collant à la mémoire grésillant
et nul cabestan
c'est un jour simple de timbre-poste et d'arcades
jour de soleil folâtre
de petites momies grises claquemurées dans un musée
c'est un jour de maigre soleil
soleil salé de fête foraine
jour où des aiguilleurs
jour où des remorqueurs
jour d'échantillonnages
jour invisible affleurant le sillage
poussières au grand parement du vent"
Si vous souhaitez vous procurer "Contours du piège", livre vendu au prix de 12 €, vous pouvez aller faire un site des éditions Lanskine, http://www.editions-lanskine.fr
Ce recueil, très court, mais consistant, est l'oeuvre d'un poète dont j'apprécie particulièrement l'écriture. Il s'agit d'Etienne Paulin, déjà publié par ailleurs aux éditions Henry et dans la collection Polder de la revue Décharge.
Dans "Mort d'un pétale", comme dans les recueils précédents, il y a toujours ce goût du bric et du broc, de ces vieilles choses (cygnes de bois, limonaire dégradé, bateau pirate, village western, dérisoires cariatides) dont tout le monde se fout (sauf les récupérateurs) et qui rendent l'écriture bien coupante.
Ce que j'apprécie particulièrement ici, c'est que l'auteur, en citant ces choses, ne cherche pas à les rendre désirables, car il sait déjà que leur beauté provient du fait qu'elles ne sont justement pas désirables et qu'il faut les tirer de leur oubli, même s'il est mérité.
L'attention portée à la nature, en plus de ces objets, est d'ailleurs du même tonneau : le soleil est là, mais l'orage aussi.
En décrivant ces états rebelles, Etienne Paulin s'inscrit par là dans le temps commun, qui ne saurait ignorer le passé, afin de mieux garder la lucidité sur soi : car bien sûr, le poète est l'acteur principal de cette pagaille.
L'écriture d'Etienne Paulin est très imagée, et aussi elliptique, comme si le poète voulait se débarrasser de son poème pour aller faire autre chose. En voilà un trait de caractère qui me semble intéressant !
Ci-dessous le 4e poème de cette série :
"Oh la musique allemande,
celle qui porte à rêver."
Léon Dupuis dans Madame Bovary
ce soir le vent n'a plus d'allure
le ciel porte des masques
et l'air s'adosse à l'ombre inouïe des tanks
des écailles s'éveillent
mille fois sans nous
mourir est à rêver
quel beau visage entendre
et y aura-t-il assez d'étages de grelots d'engouements
pour un drame aussi sourd
Le recueil est à commander auprès d'Yves Perrine (Editions la Porte), 215 rue Moïse Bodhuin 02000 LAON pour le prix de 3,75 € (port compris).
Et voici qu'Etienne Paulin récidive avec un deuxième recueil paru aux Editions Henry, qui passe pour l'instant trop inaperçu à mon goût, notamment par rapport à d'autres publications du même éditeur.
D'ailleurs, ma préférence de lecteur va à ce deuxième recueil, intitulé "Extrême autrui", par rapport au premier, "Voyage du rien", également chroniqué sur ce blog. Toujours cette belle écriture, mais qui cette fois-ci m'a semblée plongée dans un décor moins statique.
J'y retrouve une même liberté de style (ce qui ne signifie pas écrire n'importe comment !), qui m'avait marqué lors de la lecture de "Tuf, Toc", première publication d'Etienne Paulin.
Cette impression que n'importe quoi peut survenir au détour d'un vers, d'une phrase. Cette attitude dégagée avec la vie, cette manière d'être plutôt ironique, ce regard aristocratique sur l'existence, vue comme un bric à brac de présent et d'inactuel, se manifestant par des images à la fois incongrues et efficaces.
L'ensemble de ces courts textes en proses, qui comprend 90 pages environ, est divisé en 9 parties, semblant être de petites histoires découpées telles des séquences de bandes dessinées.
Il y a dans le regard d'Etienne Paulin sur le monde qui l'entoure quelque chose de rimbaldien, qui tient sans doute à cette envie de malmener nos pauvres vies. Vous me direz, alors ça ressemble à un défaut. Eh bien moi, défaut ou pas, je m'en fous, puisqu'une telle lecture me revitalise !
S'il fallait citer tout ce que j'ai aimé dans ce recueil, je citerais au moins les pages 8, 9, 13, 14, 15, 16, 21, 28, 33, 35, 37, 48, 50, 63, 72, 73, 74, 75, 76, 85, 86, 92, 93, alors comme il va falloir choisir : ce sera, tiens, la page 15 :
"Nous n'échapperons pas aux gares, pas aux gares.
L'immense pendulon au-dessus du belvédère rappelle quel temps nous avons fui.
Les gares lorsqu'aucun train, les gares quand personne.
Cet endroit qui n'est plus tellement la gare et souffle.
L'heure électrique et le falun phosphorescent.
Convoi sans rien, les chats sont gris, succubes désertant.
Ou s'agit-il d'une once qui retangue, d'un séraphin mort-né.
Sale gare et maudit pendulon."
Si vous souhaitez en savoir plus sur ce recueil, rendez-vous sur le site de l'éditeur : http://www.editionshenry.com/
Quelle écriture que celle d'Etienne Paulin ! A une époque où dans leur quête de la simplicité, pas mal de poètes adoptent un style plus journalistique ou se bornent à ne pas sortir d'un lyrisme plus apaisé, l'auteur dessine un trait d'union avec toute une époque glorieuse.
Et là j'évoque le nom de Rousselot, car ces poèmes-ci évoquent la puissance des meilleurs vers de cet auteur déjà oublié. Aucun doute là-dessus : les textes d'Etienne Paulin ont de l'allure, de l'exigence, un vrai port de tête. Ici, les images poétiques ne sont pas qu'un prétexte. Qu'est-ce ça change des têtes baissées dans le quotidien !
Dans ces poèmes, il est beaucoup question du poème, ce qui ne me plait pas d'ordinaire (l'écriture sur l'écriture !), mais là il s'agit d'une exception car l'auteur parle surtout, me semble-t-il, des limites de la poésie, notamment par rapport à la musique. Le grand mot est lâché, le mot important. La musique dans la poésie, c'est essentiel non ? Eh bien ici, il y en a.
La suite du recueil est plus énigmatique, Etienne Paulin s'évade de l'écriture dans les souvenirs ou dans d'improbables voyages, pas franchement distrayants, ce qui me fait plutôt plaisir ! Et la boucle n'en sort pas bouclée...
Voici un poème témoin :
"COEUR NET
je t'aimais dans l'autre enfance la dernière
le paradis depuis s'est répandu
les miracles sont fréquentés
nos oncles meurent ou sont morts
pourtant la vie musquée chantante
dans les villes terriers de nos paupières
entends ce carillon posthume et soigne-le
comme la patte d'un insecte"
Mention spéciale pour les couvertures des recueils de poètes en potager (celle-ci est de Dominique Fournil). Cela donne envie de lire de la poésie ces couleurs claires et ces fleurs, et dire qu'en fait, en arrière-plan, il y a juste un brouillon de poème !...
Pour en savoir plus sur ce recueil (et les autres !), allez faire un tour sur le blog des éditions et de la revue Contre-allées http://contreallees.blogspot.fr/